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Un regard rétrospectif
Une année
sur le chemin de l’espérance :
1.- Le récit de douze mois
qui ont marqué la scène politique et sociale
2. Deux conclusions d’un regard rétrospectif
Notre engagement vis-à-vis
du développement d’un nouveau Pacte Politique pour
la Cohabitation Section
I Le chemin parcouru
Section II Le respect d’un engagement: le développement
d’un nouveau Pacte Politique pour la Cohabitation
Section III Une voie ouverte au débat parlementaire
et à la participation politique et sociale
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Une réflexion finale: Refuser le dialogue, c’est
refuser la solution
Un regard rétrospectif
Une année sur le chemin de l’espérance
“J’ai présenté une initiative
pour la cohabitation. Le processus est en marche. Sans ambiguïté,
je veux transmettre à la société basque
mon engagement ferme et personnel à avancer sur cette
voie. Nous savons que cela ne sera pas facile, mais nous voulons
revendiquer l’espérance. Nous voulons revendiquer
des solutions. Nous voulons revendiquer le futur”.
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“Nous savons où nous voulons aller et nous pouvons
choisir. Mais, par dessus tout, nous sommes convaincus que
nous comptons sur l’appui de la société
basque pour y arriver”.
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Ces deux paragraphes résumaient la fin de mon intervention
auprès de ce Parlement lors de la Plénière
du Débat de Politique générale qui s’est
tenue il y a exactement un an. Ils synthétisent les
trois éléments qui ont marqué l’axe
de l’action politique du Gouvernement que je préside:
- Notre volonté ferme de continuer sur la voie
entamée.
- La constatation des difficultés et des barrières
que nous allions rencontrer.
- L’espérance que nous comptions sur la majorité
de la société basque pour avancer.
Un regard rétrospectif et serein sur les événements
qui se sont succédés depuis la célébration
du dernier Débat de Politique Générale
nous permettra de constater jusqu’à quel point
ces trois éléments ont été présents
dans le devenir politique et social, aussi bien du Pays Basque
que de l’Espagne. Par ailleurs, il nous aidera à
extraire quelques clefs qui nous seront d’une grande
utilité pour comprendre dans quelles circonstances,
difficiles et compliquées, le Gouvernement Basque a
dû répondre aux engagements assumés vis-à-vis
de la société basque:
- L’engagement vis-à-vis de la défense
des droits de l’homme et de la construction sociale
du Pays Basque.
- L’engagement vis-à-vis du développement
des bases d’un nouveau Pacte Politique pour la Cohabitation.
1. Le récit de douze mois qui ont marqué la
scène politique et sociale. Je n’ai pas
la prétention de réaliser une description détaillée
de tous les faits qui ont jalonné cette année
vertigineuse, mais je pense qu’il est nécessaire
de souligner tous les événements qui, de par
leur importance sociale et leur incidence politique, ont constitué
un point d’inflexion et dont les effets vont par conséquent
rebondir dans un avenir proche.
Certains de ces événements ont largement débordé
la capacité d’étonnement de la société
basque. Une société qui, en dépit des
difficultés, a donné une fois de plus un exemple
de maturité et de sérénité digne
d’éloge.
Notre société veut mettre un point final à
une étape marquée par la violence et par l’absence
de normalisation politique. Elle souhaite progresser dans
une voie de solution basée sur le respect des droits
de l’homme individuels de toutes les personnes et sur
le respect des décisions collectives du Peuple Basque.
Cette lutte entre la volonté de progresser de la société
basque et ceux qui s’acharnent à faire obstacle
à la voie de la solution, se trouve à la base
des événements clefs qui ont marqué la
scène politique et sociale et qui, à mon avis,
ont été les suivants:
a) La Présentation de la Proposition pour la Cohabitation.
Ouverture d’une nouvelle ère politique et sociale.
Le Pays Basque n’est pas un pays immobile, c’est
un pays en marche.
Notre société n’est pas une société
paralysée, mais une société en mouvement,
et nous aurons l’occasion d’analyser plus en détail,
dans la seconde partie de mon intervention, le processus de
débat et de participation sociale qui s’est suscité
autour de la Proposition pour la Cohabitation présentée
pour donner une réponse à la volonté
de changement de la société basque, mais personne
ne peut nier l’évidence que la Proposition présentée
a ouvert de façon définitive une nouvelle ère
politique et sociale et s’est constituée comme
l’axe central sur lequel tourne et va tourner à
l’avenir la stratégie de tous les acteurs politiques,
aussi bien au Pays Basque qu’au niveau de l’État.
b) La violence d’ETA. Une violation constante
du plus fondamental et élémentaire des droits
de l’homme, le droit à la vie.
Malheureusement, la persistance de la violence d’ETA
est une constante dramatique de ces quarante dernières
années, exception faite de la parenthèse de
la trêve facilitée par le Pacte de Lizarra.
ETA continue de représenter le plus haut exemple de
violation du plus fondamental et élémentaire
des droits de l’homme, le droit à la vie; c’est
pourquoi il suscite le rejet de l’immense majorité
de la société basque, qui exige sa disparition
définitive.
La violence d’ETA est un cancer qui porte atteinte à
la cohabitation, détruit la vie de familles innocentes
et nuit terriblement à l’image du Peuple Basque
dans le monde.
ETA continuera probablement de faire la sourde oreille à
la voix de son peuple et de provoquer d’un point de
vue humain, douleur et souffrance. Mais il est évident
que les temps où elle marquait l’agenda politique
et social de ce Pays sont révolus. La société
basque mise sur les voies politiques et démocratiques
pour résoudre les conflits. Nous avons mis sur la table
une proposition politique ferme et sérieuse, élaborée
sur la base du respect à la volonté du Peuple
Basque, qui va contribuer de façon décisive
à fermer les portes de la violence et à expulser
ETA de nos vies.
Dans cette perspective, la présentation de cette proposition
politique ouvre une nouvelle étape, l’étape
post-ETA. ETA en est bien consciente et a profité de
la notoriété médiatique de ses attentats
pour rejeter publiquement cette voie, car elle sait que progresser
dans le processus de normalisation politique signifie l’accélération
de sa fin définitive.
c) La crise du Prestige et l’appui à la Guerre
d’Irak. Deux exemples de politique du Gouvernement espagnol
qui divergent de la volonté de la société
basque.
La catastrophe environnementale causée par le Prestige
et la catastrophe humanitaire de la Guerre d’Irak ont
constitué deux événements graves reliés
par un point commun: ce sont les deux exemples les plus flagrants
de l’énorme abîme et du divorce existant
entre la société basque et le Gouvernement espagnol.
Le premier s’est transformé en la plus grande
catastrophe écologique qui ait affecté la côte
atlantique européenne, à cause de la négligence
d’un Gouvernement central qui a adopté une attitude
insouciante, lointaine et omnipotente, plus propre d’une
époque révolue que d’un gouvernement sérieux
et responsable.
Face à cette attitude inefficace, le propre Gouvernement
Basque et les pêcheurs basques avons dû mettre
la main à la pâte pour nettoyer nos plages et
nos côtes.
Personne ne nous a encore remboursés les plus de 40
millions d’euros que le Gouvernement Basque a dû
avancer, jusqu’au 30 juin, pour affronter les frais
de nettoyage. Un chiffre qui évidemment n’a pas
fini d’augmenter.
Personne ne s’est excusé auprès de la
société basque pour les dommages causés
à l’environnement ni pour les incommodités
subies par les milliers de personnes qui se sont rendu cet
été sur nos plages. Mais, plus grave encore,
aucun responsable du Gouvernement espagnol n’a été
capable de donner une information véridique sur les
effets de cette catastrophe et de ses conséquences
sur le futur.
Quant à l’appui enthousiaste du Gouvernement
espagnol à la guerre contre Irak, pour la soi-disant
élimination d’armes de destruction massive qui,
soit dit en passant, n’ont pas encore été
trouvées, je ne peux que dire que cette décision
a été prise de façon unilatérale
par le Parti Populaire et M. Aznar.
Je voudrais exprimer sans ambiguïté qu’il
s’agissait d’une décision illégitime,
injuste et erronée, qui continue de provoquer la mort
et la souffrance de milliers d’êtres humains.
Je ne ferai que constater que la décision d’appuyer
l’invasion d’Irak a été adoptée
en marge des Nations Unies, à l’encontre de nos
alliés européens et de la volonté de
la société basque, et que par conséquent,
ni alors, ni maintenant, nous ne nous sentons représentés
par le Gouvernement de l’Espagne, comme je l’ai
notifié au Secrétaire Général
des Nations Unies, M. Kofi Annan.
d) La restriction des libertés et des droits fondamentaux.
Un pas en arrière dans la démocratie.
Le Gouvernement du Parti Populaire, sous le couvert d’une
“lutte antiterroriste” met systématiquement
en place une stratégie qui suppose la restriction des
libertés et un grave recul de la démocratie.
Cette stratégie, encouragée par le Parti Populaire
avec l’inexplicable approbation du Parti Socialiste,
sous le couvert du mal dénommé “Pacte
pour les Libertés et contre le Terrorisme”, éloigne
encore plus les solutions. La solution n’est pas de
restreindre la démocratie mais de l’amplifier.
L’approbation de la Loi sur les Partis et la postérieure
illégalisation de Batasuna ont entraîné
la restriction de la liberté d’association et
ont empêché que des milliers de citoyens basques
puissent exercer librement le droit de vote pour une option
politique déterminée. Tout ceci ne nous rapproche
pas mais nous éloigne de la recherche de solutions.
De plus, la Loi sur les Partis est une initiative qui a été
rejetée par ce Parlement et la propre société
basque. Par conséquent, nous avons intenté un
recours auprès de la Cour Européenne des Droits
de l’Homme, non pas pour défendre un groupe politique
déterminé qui, en outre, a voté dans
cette Chambre contre la présentation du recours auprès
du Tribunal Constitutionnel, mais parce que nous pensons que,
aussi bien la Loi citée que la sentence du Tribunal
Constitutionnel qui l’appuie, vont à l’encontre
des droits fondamentaux figurant dans la Convention Européenne
pour la protection des droits de l’homme et suppose
une restriction inacceptable des libertés démocratiques
qui préoccupe profondément la société
basque et qui devrait préoccuper aussi la société
espagnole.
D’autre part, l’obéissance due à
la stratégie élaborée et mise en oeuvre
par le Parti Populaire est en train de miner dans la société
basque la crédibilité de l’un des piliers
du système démocratique espagnol, l’indépendance
et l’objectivité du pouvoir judiciaire et concrètement,
de l’organe de gouvernement des juges en Espagne, c’est-à-dire
le Conseil Général du Pouvoir Judiciaire.
L’extrême gravité du conflit institutionnel
suscité par la Cour Suprême de Justice contre
le Parlement Basque et la plainte postérieure déposée
par le Procureur Général de l’État
auprès du Tribunal Supérieur de Justice du Pays
Basque, contre le Président et une partie des membres
de la Présidence de ce Parlement, dépasse largement
les limites de l’imagination aussi bien du point de
vue politique que juridique et institutionnel. A tel point
que cette initiative a même provoqué l’affrontement
et l’inhabilitation du propre Tribunal Supérieur
de Justice du Pays Basque.
C’est un exemple de plus de la politisation croissante
de la justice et une preuve irréfutable de la séparation
de plus en plus diffuse des pouvoirs existant dans la démocratie
espagnole, qui n’est pas seulement perçue par
la société basque et une partie de la société
espagnole, mais aussi par le monde. L’étude “Economic
Freedom of the World 2003”, élaborée par
le Fraser Institute, met ce fait en évidence en indiquant
que l’Espagne a souffert un recul significatif- pas
moins de 14 places- en matière de liberté économique,
depuis que le PP gouverne avec la majorité absolue,
en raison principalement d’une indépendance judiciaire
de plus en plus restreinte.
Face à cet état de fait, je souhaite une fois
de plus transmettre publiquement mon désaccord le plus
absolu envers tout ce que je considère comme une ingérence
injustifiable de la part du Pouvoir Judiciaire dans les attributions
du Parlement Basque. Je souhaite aussi montrer ma solidarité
et le soutien de l’ensemble du Gouvernement au Président
de cette Chambre et aux membres de la Présidence, accusés
à tort du seul délit de défendre la souveraineté
et l’autonomie de cette Institution, représentante
légitime de la volonté de la société
basque. Je souhaite étendre cette solidarité
et cet appui à tous les fonctionnaires et travailleurs
de ce Parlement qui se sont vus affectés dans leur
travail quotidien et dont le professionnalisme a été
mis en doute.
Cette action, pour autant qu’elle soit polémique,
n’est pas la seule. La modification extraordinaire du
code pénal étendant jusqu’à 40
ans la peine pour des délits de terrorisme, équivaut
au vestibule de la “condamnation à perpétuité”,
selon les mots de “Gesto por la Paz”. Cette décision,
en même temps que la création du Tribunal Central
de Surveillance pour contrôler depuis Madrid le respect
intégral des condamnations imposées par la Cour
de Justice espagnole représente la fin de la politique
de réinsertion, l’un des piliers du propre Pacte
d’ Ajuria-Enea.
Par ailleurs, la fermeture du journal Egunkaria, suivie de
graves accusations de mauvais traitements et de tortures sur
la personne de son Directeur et de neuf autres personnes,
a supposé, au-delà du soupçon supplémentaire
de violation des droits de l’homme des personnes détenues,
une atteinte évidente au droit de l’information
et une action démesurée contre un média
en langue basque.
Toutes ces actions ne sont que quelques exemples qui sont
dans l’esprit de tous et qui constituent les maillons
d’une lourde chaîne qui, sous prétexte
de la sécurité et de la lutte antiterroriste,
est en train de restreindre sérieusement la liberté
et le droit des personnes. Une chaîne qui se construit
contre l’opinion majoritaire du Parlement Basque et
de la volonté de la société basque.
e) Les élections du 25 mai. La ratification par
la société basque d’une voie de solution.
Les élections municipales et territoriales célébrées
le 25 mai dernier furent précédées d’une
série de circonstances et de connotations spéciales
qui confèrent une valeur particulière aux résultats.
Le Parti Socialiste et le Parti Populaire les avaient présentées
comme une sorte de “mur de contention” destiné
à faire dérailler ce qu’ils appellent
le “Plan Ibarretxe”.
L’objectif était d’empêcher- en se
servant par ailleurs du vide laissé dans la Loi D’Hont
par les votes illégaux de Batasuna que le secteur central
de la société basque, représenté
par la coalition PNV-EA et IU (Gauche Unie), continue de progresser.
De fait, la société basque a relevé le
défi et a répondu de façon positive.
En premier lieu, l’abstention, malgré une conjoncture
truffée de difficultés, a été
la plus basse de toutes les élections municipales célébrées
depuis la chute de la dictature. Le pourcentage de basques
qui ont été voté a atteint 71%.
En second lieu, les positions immobilistes, qui rejettent
toute modification de la situation actuelle, représentées
par le Parti Populaire, Union Alavaise et le Parti Socialiste,
ont obtenu 37% du total des voix émises.
En troisième lieu, la coalition PNV-EA a gagné
sur les trois Territoires Basques. Pour sa part, IU, le troisième
allié du Gouvernement, a pratiquement doublé
ses résultats par rapport aux élections de 1999.
2. Deux conclusions de ce regard rétrospectif:
a) Première conclusion fondamentale: La société
basque mise sur la cohabitation.
Les cinq clefs ou événements qui ont marqué
ces douze derniers mois nous servent à interpréter
la réalité actuelle et aboutissent à
mon avis à une première conclusion fondamentale:
la majorité de la société basque mise
sur la cohabitation et rejette les propositions de crispation,
d’immobilisme et de violence. C’est ce qui ressort,
en dehors des résultats électoraux, de toutes
les enquêtes d’opinion qui ont été
réalisées.
En définitive, la société basque:
- Mise sur la Paix et rejette expressément le terrorisme,
la guerre et toute violation du droit à la vie.
- Mise sur la démocratie et le respect à la
pluralité, et s’oppose au recul démocratique,
à l’exclusion d’une partie de la société
et à la violation des droits civils et politiques fondamentaux
des personnes.
- Mise sur le dialogue et n’accepte ni les
menaces ni les insultes. Parce que celui qui refuse le dialogue,
refuse la solution.
- Mise sur les solutions. Accepte et appuie le changement
parce qu’elle n’est pas disposée à
prolonger plus longtemps les conflits du passé. Il
est temps d’apporter des solutions neuves. Telle est
l’exigence majoritaire de la société basque.
b) Seconde conclusion: le secteur central de la société
basque est capable de franchir les obstacles et de continuer
à progresser sur la voie de la solution.
C’est la deuxième conclusion qui découle
d’une trajectoire qui a commencé avec l’engagement
exprimé au Kursaal en février 2001. Ce moment
a marqué le début d’un chemin auquel s’est
peu à peu incorporé le secteur central d’une
majorité sociale de plus en plus enthousiaste vis-à-vis
du changement. C’est ce qu’ont démontré
les élections du 13 mai 2001 et les récentes
élections du 25 mai de cette année. La société
basque a été capable de franchir tous les obstacles
et les difficultés qui se sont mis en travers de la
voie de la solution.
Une voie construite sur:
- L’engagement éthique et la défense des
droits de l’homme de toutes les personnes.
- L’engagement vis-à-vis de la construction sociale
du Pays Basque sur le binôme solidarité et développement
durable.
- L’engagement d’une proposition pour la cohabitation
basée sur le respect du droit de la société
basque à décider de son propre avenir.
Le Gouvernement que je préside se consacre corps et
âme à progresser sur la voie entamée pour
donner une réponse à ces trois engagements.
Afin de rendre compte de l’accomplissement de ces engagements,
je réaliserai mon intervention en deux parties différenciées.
Je présenterai ensuite le développement des
bases de la proposition d’un nouveau Pacte Politique
pour la Cohabitation, ainsi que du processus postérieur
pour son débat et sa gestion.
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Deuxième Partie:
Notre engagement vis-à-vis
du développement d’un nouveau Pacte Politique
pour la Cohabitation
Section I Le chemin parcouru
a) Proposition d’un dialogue ouvert …
Il y a un an, j’ai manifesté mon entière
disposition personnelle et celle de mon Gouvernement à
établir un dialogue politique, institutionnel et social
qui permettrait d’aborder, entre tous, et depuis le
respect mutuel, une voie de solution. J’ai non seulement
maintenu cette proposition d’ouverture, de non-exclusion
et de dialogue démocratique mais je veux profiter de
cette opportunité pour la réitérer encore
devant cette Chambre. Les portes d’Ajuria-Enea ont été
et vont toujours demeurer ouvertes.
b) Cette proposition s’est heurtée à
une stratégie de blocage systématique.
Une stratégie de blocage qui s’est échelonnée
sur différentes phases, chacune d’entre elles
supposant un pas de plus sur la voie de la crispation, dans
l’unique objectif d’empêcher tout débat
normalisé sur la Proposition de Cohabitation présentée.
L’un de ces pas a été la négation
du dialogue et la manipulation de la Proposition. Le Parti
Populaire est le seul qui détient le triste honneur
de refuser de parler au Président du Pays Basque depuis
deux ans. Mais en outre, des mensonges constants continuent
de circuler, comme “Plan Indépendantiste”,
“État Libre Associé” ou “Plan
d’ETA”, en toute impunité.
L’autre pas a consisté en une tentative d’obstruction.
Des phrases comme “nous élèverons un mur
face au Plan Ibarretxe”, ou même la proposition
de M. López Aguilar, Secrétaire des Libertés
du Parti Socialiste, d’“utiliser les services
secrets contre le Plan Ibarretxe”, qui figure officiellement
dans la revue “El Socialista”, ont constitué
le discours politique quotidien de l’antichambre des
élections municipales.
Le résultat des élections municipales, à
l’opposé des objectifs d’obstruction déclarés,
a donné lieu à un nouveau pas dans l’escalade
des insultes et des menaces. Des messages publics comme “la
Loi sera appliquée, avec toutes ses conséquences”,
“il sera nécessaire de recourir à des
mesures exceptionnelles pour faire entendre raison au Gouvernement
Basque”, ou “nous nous opposerons au référendum
quel qu’en soit le prix”, sont gravés dans
les archives journalistiques pour la plus grande honte de
ceux qui disent défendre la démocratie.
Le pas le plus grave de cette stratégie de tension
est la tentative de déstabilisation institutionnelle,
dont le dernier épisode a été l’attaque
directe à la souveraineté du Parlement Basque.
Nous ne savons pas quel sera le pas suivant dans cette escalade
de la crispation visant à éviter un débat
normalisé des projets politiques, mais nous pouvons
dire en revanche que nous allons défendre avec tous
les instruments politiques, sociaux et juridiques à
notre portée, le respect et la souveraineté
de nos institutions. Avec sérénité et
éducation, mais aussi avec fermeté.
c) Malgré tout, la proposition “a pris”
dans la société basque …
Parce que nous sommes un pays en marche, et non un pays immobilisé,
et malgré tous les mensonges, les calomnies et les
diffamations, la Proposition pour la Cohabitation a pris racine
dans la société basque. Une société
qui a compris que cette proposition fait partie de la solution.
C’est pour cela que la société y a répondu
de façon positive, en y apportant de nombreuses contributions.
De nombreux débats et séminaires dans des forums
universitaires, professionnels et sociaux, ont largement analysé
et débattu la Proposition et nous ont transmis leurs
contributions, dont plusieurs ont été publiées.
De même, plus de 33.000 familles basques ont participé
directement à ce processus en nous envoyant par écrit
leurs opinions et leurs questions, qui nous ont permis d’enrichir
ce projet et de répondre à plus de 130 questions-type
en rapport avec celui-ci.
Cet effort, réalisé aussi bien au Pays Basque
que dans le reste de l’État et à l’extérieur,
a permis de mettre en oeuvre un processus hautement participatif
qui a rendu possible l’incorporation de milliers de
contributions pour le développement des bases dont
je vais vous entretenir de suite.
Section II Le respect d’un engagement. Le développement
des bases d’un nouveau Statut de Libre Association avec
l’État Espagnol .
Comme résultat du processus de débat et des
contributions reçues, le Gouvernement, dans l’exercice
de ses compétences et de ses responsabilités,
a réalisé un effort de consensus interne qui
nous a permis de donner une réponse à l’engagement
que nous avons assumé auprès de la société
en septembre de l’an dernier. A ce sujet, je vais vous
transmettre, au nom du Gouvernement, la Proposition d’un
nouveau Pacte Politique avec l’État, comme développement
des 10 bases que j’ai avancées dans cette Chambre
lors du dernier Débat de Politique Générale.
En tous les cas, je souhaite vous annoncer que tous les aspects
et les contenus qui, de façon claire et précise,
figurent dans cette proposition, seront repris par la suite
sous forme d’articles dans un nouveau Statut Politique
Basque qui sera approuvé au sein du Conseil du Gouvernement
le 25 octobre prochain comme projet de Loi de réforme
du Statut actuellement en vigueur, et déposé
ensuite dans cette Chambre pour sa prise de connaissance,
son étude, son débat et son vote.
Avant de commencer à détailler les contenus
de la Proposition de nouveau Pacte Politique pour la Cohabitation,
permettez-moi de préciser une série de considérations
qui encadrent cette Proposition:
Première Considération:
Le Gouvernement Basque détient l’entière
légitimité juridique pour présenter auprès
de cette Chambre une proposition de réforme et de modification
du Statut approuvé en 1979.
Et il le fait en conformité avec les propres prévisions
statutaires figurant à l’article 46, qui attribuent
au Gouvernement Basque, au Parlement Basque ou aux “Cortes
Generales” de l’État, l’initiative
de réforme statutaire.
De la même manière que le Gouvernement Basque
ne nie pas la capacité d’exercer ce droit aux
deux autres institutions qui ont ce même droit légitime,
nous exigeons qu’en retour, on respecte et on nous reconnaisse
la légitimité juridique à exercer cette
initiative.
Seconde Considération:
Le Gouvernement Basque détient l’entière
légitimité politique et sociale pour réaliser
cette Proposition.
Ce Gouvernement, formé de trois partis de différentes
sensibilités, comme le sont le Parti Nationaliste Basque,
Eusko Alkartasuna et IU, est le dépositaire de la légitimité
démocratique et institutionnelle que lui confère
le fait d’être un Gouvernement soutenu par 684.000
voix, ce qui suppose 47,7% de la totalité des suffrages
émis. A titre de comparaison, l’actuel Gouvernement
de l’Espagne, qui détient la majorité
absolue, dispose de l’appui de 44,2% des électeurs.
La Proposition détient en définitive l’entière
légitimité sociale car elle répond à
l’exigence de changement d’une large majorité
de la société basque, sur la base du respect
mutuel et de la liberté à décider de
notre propre avenir.
Troisième Considération:
La Proposition constitue un engagement du Gouvernement
et du Président vis-à-vis de la société
basque. Cette Proposition n’est donc pas le fruit
d’élucubrations ni “le rêve d’une
nuit d’été”, mais bien un engagement
pris vis-à-vis des citoyens basques et repris dans
notre Accord de Gouvernement, et c’est aussi un engagement
institutionnel qui apporte une réponse au mandat parlementaire
approuvé le 12 juillet 2002 lors de la Plénière
de cette Chambre.
Quatrième Considération:
La Proposition ne se pose pas en termes de rupture, mais en
termes de cohabitation
Elle ne se présente donc pas pour rompre, mais pour
vivre ensemble, en nous respectant. Nous proposons une relation
aimable entre le Pays Basque et l’État espagnol,
qui réponde à une interprétation ouverte
et flexible de la Constitution, dans le cadre de sa disposition
additionnelle première et de sa disposition dérogatoire
deuxième, et conformément à ce qui est
prévu dans la disposition additionnelle du Statut de
Guernica.
Notre projet est un nouveau modèle de relation politique
basé sur la volonté démocratique de la
société basque et sur le respect et la remise
à jour des droits historiques du Peuple Basque, qui
figurent dans le Statut et dans la Constitution.
Il n’y a pas de difficultés juridiques qui ne
puissent être résolues s’il existe une
volonté politique. Il serait faux de dire que les textes
légaux ne permettent pas d’atteindre un nouveau
Pacte Politique. Ne nous retranchons pas derrière des
barrières juridiques. La volonté majoritaire
de la société basque peut et doit être
intégrée dans l’ordonnancement juridique.
Les normes doivent répondre à la volonté
démocratique des citoyens et des peuples, parce que
le droit est un instrument au service des sociétés
pour améliorer la cohabitation.
Cinquième Considération:
C’est une Proposition ouverte au débat et aux
contributions.
La Proposition présentée n’est pas le
projet politique du PNV ni celui d’Eusko Alkartasuna,
ni d’Izquierda Unida, et ne remplace pas non plus les
statuts; c’est la proposition institutionnelle du Gouvernement
Basque, avec toute l’importance que cela comporte et
par conséquent, elle n’épuise pas le débat
politique ni le débat social. C’est une partie
importante de la solution, mais ce n’est pas toute la
solution. Tous les partis politiques représentés
au Parlement, y compris ceux qui forment ce Gouvernement,
ont le droit légitime de présenter leurs propres
considérations et d’apporter leurs propres contributions
tout au long du débat parlementaire. La Proposition
est une base de départ présentée par
le Gouvernement et tout son contenu, dans son intégralité,
est susceptible d’être modifié, si ces
modifications font l’objet d’un consensus supérieur
à celui initialement présenté.
Sixième Considération:
C’est une Proposition démocratique.
Le caractère démocratique préside à
tout le processus ainsi qu’à son résultat
final.
En démocratie, n’importe quel projet peut être
présenté et défendu de façon pacifique
et démocratique, parce qu’à la fin, ce
sera la société basque, chacun de ses citoyens,
qui avec notre vote nominal et incessible, pourra ratifier
en dernier recours le modèle de relation et de cohabitation
que nous souhaitons, aussi bien au niveau interne qu’avec
l’État espagnol.
Septième Considération:
C’est une Proposition moderne qui vise à relier
le Pays Basque avec l’État, avec l’Europe
et avec le monde.
Les normes européennes n’empêchent ou n’interdisent
en aucun cas un modèle de relation interne entre le
Pays Basque et l’État espagnol basé sur
la libre association et sur la souveraineté partagée.
Elles n’empêchent pas non plus, mais animent et
encouragent au contraire les relations de coopération
transfrontalière entre régions et territoires
ayant des liens culturels, historiques ou économiques
communs et appartenant à des Etats différents.
Par conséquent, n’utilisons pas l’Europe
comme subterfuge.
La présence normalisée des organismes sous-étatiques
et des nationalités et des régions dans les
différents organes et procédures de décision
de l’Union Européenne est envisagée de
façon expresse dans les normes communautaires et est
appliquée en toute naturalité par de nombreux
états membres.
Huitième Considération:
C’est une Proposition qui ne refuse rien, ni n’oblige
en rien, à d’autres nations ou régions
situées dans l’État espagnol.
La proposition ne préfigure ni ne conditionne en aucune
façon le développement du modèle actuel
de l’État espagnol.
C’est une Proposition compatible avec le développement
futur d’un État composite, plurinational et asymétrique,
et il ne nous appartient pas de préfigurer le développement
du modèle d’État ni la tendance que d’autres
Peuples veulent légitimement lui imprimer. Nous n’envisageons
pas cette Proposition pour obliger les autres à suivre
notre chemin, ni pour les empêcher de suivre le leur.
Nous le faisons car nous souhaitons trouver une formule de
cohabitation qui nous permette de donner une réponse
à la volonté de la société basque
et de garantir le respect à notre identité nationale
au sein de l’État espagnol.
Neuvième Considération:
C’est une Proposition respectueuse de la volonté
de la Navarre et du Pays Basque Français.
La Proposition que nous présentons n’engage,
uniquement et exclusivement, que la Communauté du Pays
Basque, composée des territoires d’Alava, de
Biscaye et de Guipúzcoa, dans un nouveau Pacte Politique
de relation dans l’État espagnol. De ce point
de vue, la proposition manifeste clairement le respect aux
citoyens des territoires du Pays Basque Français et
à ceux de la Communauté de Navarre, pour qu’ils
décident librement le cadre de relations internes et
externes qu’ils souhaitent maintenir. Une proposition
sûrement plus respectueuse des décisions démocratiques
de chacun que la prévision d’ “incorporation”
que fait la Constitution espagnole.
Dixième et dernière Considération:
La Proposition respecte le droit qui assiste le Peuple Basque
à décider librement et démocratiquement
de son propre avenir.
Le droit des peuples à décider de leur propre
avenir est l’un des principaux fondements de la cohabitation
et de la démocratie, et il figure expressément
dans d’autres conventions internationales, dans la Déclaration
Universelle des Droits de l’Homme, dans la Charte de
Constitution de l’Organisation des Nations Unies et
dans le Pacte International des Droits Économiques,
Sociaux et Culturels, ainsi que dans le Pacte International
des Droits Civils et Politiques, ratifiés par le Royaume
d’Espagne.
Dans le cadre du Pays Basque, ce droit fut par ailleurs proclamé
institutionnellement par la majorité absolue du Parlement
Basque le 15 février 1990.
_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Sur la base de ces considérations, je vais formuler
ci-dessous le contenu du nouveau Pacte Politique pour la Cohabitation.
1.- Préambule
Le nouveau Statut Politique de la Communauté du Pays
Basque comprendra un Préambule dans lequel figurent
trois piliers et une Déclaration Politique
Les Piliers du Nouveau Pacte:
Premier Pilier:
L’existence du Peuple Basque ou Euskal Herria comme
Peuple ayant une identité propre au sein de l’ensemble
des peuples d’Europe, dépositaire d’un
patrimoine historique, social et culturel distinctif, qui
s’étend géographiquement sur sept Territoires
articulés sur trois domaines juridiques et politiques
différents et situés sur deux états.
Second Pilier:
Le Peuple Basque a le droit de décider de son propre
avenir, tel que le Parlement Basque l’a approuvé
à la majorité absolue le 15 février 1990,
et conformément au droit à l’autodétermination
des peuples, reconnu à l’échelle internationale,
entre autres, dans le Pacte International des Droits Civils
et Politiques, et dans le Pacte International des Droits Économiques,
Sociaux et Culturels.
Troisième Pilier:
L’exercice du droit à décider de son propre
avenir, qui revient au Peuple Basque, se matérialise
depuis le respect du droit qu’ont les citoyens des différents
secteurs juridiques et politiques dans lesquels il s’applique
actuellement, à être consultés pour décider
de leur propre avenir. Ce qui signifie le respect de la décision
des citoyens de l’actuelle Communauté de Navarre
ainsi que le respect des décisions des citoyens des
Territoires basques du Pays Basque Français.
_ _ _ _ _ _ _ _ _
Déclaration Politique:
Conformément à ces trois piliers et comme partie
intégrante du Peuple Basque, les citoyens de l’actuelle
Communauté Autonome du Pays Basque, formée des
territoires d’Alava, de Biscaye et de Guipúzcoa,
dans l’exercice de notre volonté démocratique
et en vertu du respect et de la remise à jour de nos
droits historiques figurant dans le Statut de Guernica et
dans la Constitution espagnole, nous manifestons notre volonté
de formaliser un nouveau Pacte Politique pour la Cohabitation.
Ce Pacte Politique prend la forme d’une proposition
de nouveau modèle de relation politique avec l’État
espagnol, basé sur la libre association et compatible
avec les possibilités de développement d’un
état composite, plurinational et asymétrique.
2.- Développement sous forme d’articles
des Bases du nouveau Pacte:
La reconnaissance juridique de notre identité
nationale, le droit à décider de notre propre
avenir et la défense des droits et des devoirs fondamentaux
de la citoyenneté basque … (1ère Base
).
Le Peuple Basque existe en tant que Peuple, avec une identité
propre, depuis l’aube de l’histoire. C’est
pourquoi, comme partie intégrante du Peuple Basque,
les Territoires d’Alava, de Biscaye et de Guipúzcoa
qui composent l’actuelle Communauté du Pays Basque,
nous revendiquons le droit à décider de notre
propre avenir.
Ce droit est un droit démocratique irrévocable,
car quiconque nous refuse la capacité de décider
devra nous refuser aussi, en premier lieu, notre identité
comme Peuple, et devra ensuite, pour mieux nier l’évidence,
continuer à refuser la démocratie pour continuer
à nous refuser le droit à décider de
notre propre avenir.
Par conséquent, le développement de cette base
suppose d’incorporer la reconnaissance officielle de
la nationalité basque, ainsi que le droit des citoyens
à décider de leur propre avenir.
De même, cette base développe l’engagement
des Institutions Basques de veiller, de défendre et
de garantir l’exercice des droits et des libertés
fondamentales de tous les citoyens , en particulier ceux se
rapportant aux droits de l’homme, la participation de
la société civile et le droit au bon gouvernement
et à une administration efficace.
A ce titre, la réglementation sous forme d’articles
de la proposition envisage, entre autres, les aspects et contenus
suivants:
Articulation de l’exercice démocratique du droit
à décider:
Comme instrument essentiel pour exercer le droit à
décider de la citoyenneté basque, le Parlement
Basque se voit conférer la capacité de réglementer
et de gérer la réalisation de consultations
démocratiques par la voie du référendum.
Évidemment, la capacité de réalisation
de consultations démocratiques ne constitue pas un
élément essentiel de la structure de l’État.
Par conséquent, l’exercice de notre droit à
décider est cohérent avec la disposition additionnelle
première de la Constitution et avec la volonté
démocratique d’auto gouvernement de la société
basque.
La sentence du Tribunal Suprême du Canada, qui interprète
le droit international en vigueur, incorpore l’engagement
à ne pas exercer unilatéralement le droit à
l’autodétermination et la reconnaissance explicite
de l’obligation d’ouvrir un processus de négociation
et d’atteindre un pacte avec l’État.
En ce sens, lorsque les consultations envisageront d’altérer,
de façon intégrale ou substantielle, le modèle
et le régime de relation politique avec l’État
espagnol, ainsi que les relations au niveau européen
et international définies par le nouveau Statut, et
que les citoyens basques, dans l’exercice démocratique
de leur libre décision, manifesteront leur volonté
claire et sans équivoque à ce sujet, les Institutions
Basques et celles de l’État assumeront l’engagement
de garantir un processus de négociation pour établir
les nouvelles conditions politiques qui permettront de concrétiser,
d’un commun accord, la volonté démocratique
de la société basque.
Reconnaissance de la citoyenneté basque
La condition de citoyenneté basque sera officiellement
reconnue à toutes les personnes ayant une résidence
administrative dans l’une des municipalités de
la Communauté du Pays Basque. De cette façon,
tous les citoyens bénéficieront des même
droits et devoirs sans aucun type de discrimination. A ce
titre, les pouvoirs publics basques veilleront à l’exercice
et à la défense des droits fondamentaux de la
citoyenneté basque au sein de la Communauté
du Pays Basque.
De même, le Parlement Basque se voit attribuer le développement
constitutionnel des droits fondamentaux en rapport avec la
participation et la représentativité de la citoyenneté
basque dans la vie politique, économique et sociale
de la Communauté du Pays Basque, et réglementera
à cet effet la création et la reconnaissance
de partis politiques, organismes syndicaux et associations
patronales.
Reconnaissance de la nationalité basque
Nous prétendons éviter toutes fausses accusations
démagogiques en rapport avec l’existence et la
reconnaissance d’une nationalité basque, conformément
à la plurinationalité de l’État
espagnol. En ce sens, la reconnaissance de la nationalité
basque est officiellement établie pour tous les citoyens
basques, avec la même validité que la nationalité
espagnole. Personne ne pourra être discriminé
en raison de sa nationalité ni en être privé
de façon arbitraire.
La Loi du Parlement Basque qui réglemente la nationalité
basque appliquera les mêmes conditions que celles requises
par l’État pour l’acquisition, la perte
ou l’accréditation de la nationalité espagnole.
La nationalité basque sera totalement compatible avec
la nationalité espagnole, de telle façon qu’il
ne sera pas nécessaire de renoncer à la nationalité
espagnole pour bénéficier de la nationalité
basque et vice versa.
Droits de l’Homme et Libertés
Le nouveau Statut Politique établit, avec un caractère
prioritaire, la défense et la protection des droits
de l’homme et des libertés.
A cet effet, le Parlement Basque émettra de façon
spécifique un chapitre concernant la défense
et la protection des droits de l’homme et des libertés,
dans le cadre de l’approbation d’une Charte des
Droits et des Devoirs Civils et Politiques des citoyens basques,
qui inclura les droits et les devoirs prévus par la
Constitution et les Traités de l’Union Européenne,
ainsi que ceux figurant dans les Traités Internationaux
des Droits de l’Homme.
De même, une Loi de Développement du Parlement
réglementera la création d’un Observatoire
des Droits de l’Homme et des Libertés comme instrument
indépendant pour veiller à la défense
des droits de l’homme de toutes les personnes, sans
distinction.
Participation de la société civile
Parmi les droits de la citoyenneté basque, le nouveau
Statut Politique prévoit la participation de la société
civile non seulement dans le domaine socioéconomique
mais aussi dans le reste des domaines sociaux, culturels et
éducatifs qui composent l’action politique des
Institutions basques. Seront aussi réglementés
les éléments essentiels de l’initiative
législative populaire auprès du Parlement Basque.
Droit au Bon Gouvernement et à la Bonne Administration
Une section spécifique envisage de même la reconnaissance
et l’assurance du fonctionnement transparent de l’Administration
vis-à-vis de tous les citoyens basques, le droit à
l’information et l’obligation de garantir l’efficacité
dans la gestion des services publics.
Liberté de relations avec la Communauté
de Navarre et avec les Territoires Basques du Pays Basque
Français (Bases 2 et 3).
Le développement de ces bases se fonde sur le droit
qui assiste les citoyens de la Communauté Basque, ceux
de la Communauté de Navarre et ceux du Pays Basque
Français, en tant qu’intégrants du Peuple
Basque, à établir les relations politiques et
internes qu’ils considèrent les plus opportunes
pour leur développement et leur bien-être, sans
autre limitation que leur volonté propre.
D’un point de vue démocratique, quelles raisons
pouvons-nous mettre en avant pour empêcher, faire obstacle
ou interdire aux citoyens de la Communauté Basque,
de la Communauté de Navarre et du Pays Basque Français
de resserrer leurs liens politiques, économiques, sociaux
et culturels si tel est leur souhait? A qui faisons-nous du
mal?
Partant de cette prémisse de respect aux décisions
démocratiques de chacun, ce que nous envisageons est
très simple:
En premier lieu: Que la Communauté Basque
et la Communauté de Navarre puissent établir
les relations politiques et internes au niveau municipal et
territorial qui leur semblent les plus adéquates, sans
autre limitation que la volonté propre de la citoyenneté
respective des deux Communautés.
En second lieu: Que, par conséquent, l’État
n’oppose aucune entrave légale à la volonté
démocratique et respecte la célébration
de Conventions et d’Accords de Coopération entre
les deux Communautés.
En troisième lieu: Même si l’actuel
Statut de Guernica et la Constitution espagnole envisagent
la possibilité de ce que la Navarre, si tel est son
souhait, s’incorpore à la Communauté Autonome
du Pays Basque, je veux vous annoncer que notre objectif est
d’améliorer ces prévisions en termes de
respect de la volonté des parties. Ainsi, nous manifestons
que personne n’aura à s’incorporer au projet
politique de personne. Par conséquent, si un jour les
citoyens de la Communauté Basque et de la Communauté
de Navarre nous décidons librement et démocratiquement
d’élaborer pour l’avenir des projets politiques
ou des structures politiques communes, quelles qu’elles
soient et quelle que soit leur nature ou leur intensité,
ce sera uniquement et exclusivement parce que nous l’aurons
décidé, d’abord, chacun chez soi, et ensuite,
tous ensemble.
En quatrième lieu: Concernant les relations
avec le Pays Basque Français dans le nouveau Statut
Politique, celui-ci envisage la capacité de signer
des traités et des accords bilatéraux qui permettent
de resserrer les liens et de développer les instruments
de coopération, au niveau municipal et territorial,
en utilisant les potentialités de la coopération
transfrontalière, si généreusement appliquées
à travers toute l’Europe.
La configuration d’un Pouvoir Judiciaire
Basque Autonome (4ème Base).
Dans le développement de cette base, nous envisageons
l’articulation d’un pouvoir judiciaire autonome
qui vienne compléter, avec le Pouvoir Exécutif
et le Pouvoir Législatif, les pouvoirs d’auto
gouvernement basque.
Nous souhaitons que notre singularité politique se
concrétise aussi d’une manière sensée
et rationnelle par un Pouvoir Judiciaire autonome. Pour que
les basques puissent décider comment ils veulent organiser
et mieux gérer l’administration de Justice, pour
que les juges et les magistrats basques aient leurs propres
organes de gouvernement, et pour que la société
basque ait, en définitive, une relation plus naturelle
avec la Justice.
La réglementation d’un Pouvoir Judiciaire autonome
suppose de reconnaître le Tribunal Supérieur
de Justice du Pays Basque comme la plus haute instance de
l’organisation judiciaire basque, en réservant
à la Cour Suprême les attributions concernant
l’unification de doctrine et la connaissance des conflits
de compétences et juridictionnels. Cette réserve
d’attributions à la Cour Suprême assure
sans aucun doute, en même temps que la garantie d’application
des même règles d’action en justice et
des même droits fondamentaux que dans l’ensemble
de l’État, le respect scrupuleux de l’unité
et de l’indépendance juridictionnelle, en créant
en outre un cadre de coordination avec l’État
et l’Europe.
Partant de ces considérations, la réglementation
sous forme d’articles de la proposition envisage, entre
autres, les aspects suivants:
- L’organisation judiciaire basque aura comme plus haute
instance le Tribunal Supérieur de Justice du Pays Basque,
où aboutiront les instances et procédures successives.
- La compétence des organes juridictionnels dans la
Communauté du Pays Basque s’étendra à
tous les ordres, instances et degrés, indépendamment
du droit appliqué et sans exclusion, c’est-à-dire
y compris les compétences assumées actuellement
par la Cour de Justice.
- La Cour Suprême sera chargée de l’unification
de doctrine et de la connaissance des conflits de compétences
et juridictionnels. La proposition reconnaît de même
la juridiction qui, au titre des droits fondamentaux, est
attribuée au Tribunal Constitutionnel et à la
Cour Européenne des Droits de l’Homme.
- Un Conseil Judiciaire Basque sera constitué comme
organe de gouvernement du Pouvoir Judiciaire dans la Communauté
du Pays Basque, lequel exercera ses fonctions et compétences
en collaboration avec le Conseil Général du
Pouvoir Judiciaire de l’État.
- Le Conseil Judiciaire Basque désignera le Président
du Tribunal Supérieur de Justice, les Présidents
des Chambres, Tribunaux et Doyens, et sera chargé du
développement et de l’application des critères
essentiels établis par la Loi Organique du Pouvoir
Judiciaire en matière de sélection, provision,
carrière, formation, régime disciplinaire et
rétributions de Secrétaires, Juges, Magistrats
et Procureurs dans la Communauté du Pays Basque, en
donnant à la connaissance du droit basque et de la
langue basque un caractère prioritaire.
- La composition du Conseil Judiciaire Basque sera réglementée
par la Loi du Parlement Basque, suivant des critères
d’indépendance et de composition mixte.
- Le Procureur en chef du Tribunal Supérieur de Justice
du Pays Basque sera nommé par le Conseil Judiciaire
Basque. Une Loi du Parlement Basque réglementera le
fonctionnement du Ministère Public au sein de la Communauté
du Pays Basque, en lui attribuant la défense de la
légalité dans son ensemble.
- Concernant l’Administration de Justice, la Communauté
du Pays Basque exercera toutes les facultés exécutives,
en application des mêmes principes de procédure
que ceux régis dans l’État, à travers
l’établissement d’un cadre de coopération
avec le Ministère de la Justice espagnol afin de garantir
la coordination au niveau de l’État et au niveau
européen.
- Les corps des fonctionnaires du personnel au service de
l’Administration de Justice seront réglementés
par Loi du Parlement Basque.
- La Ertzaintza (Police Basque) agira comme Police Judiciaire
au service du Pouvoir Judiciaire.
En définitive, nous ne discutons pas l’unité
juridictionnelle, ni la figure de la Cour Suprême, qui
sera chargée de l’unification de doctrine et
des conflits de juridiction entre les organes judiciaires
de la Communauté du Pays Basque et ceux de l’État.
Nous émettons cette proposition tout en étant
conscients que ce que nous proposons suppose des changements
dans les lois organiques relatives au Pouvoir Judiciaire.
Or, il serait faux d’invoquer que la proposition de
modifications des lois organiques est inconstitutionnelle
ou contraire à la structure substantielle d’un
État démocratique.
Et qui plus est, j’ajouterais que plusieurs des mesures
proposées ont été envisagées d’une
façon ou d’une autre par le propre Conseil Général
du Pouvoir Judiciaire, pour améliorer le service public
de la Justice au sein de l’État.
Garantir notre identité et Approfondir notre
Auto Gouvernement (Bases 5, 6, 7 et 8).
Je vais traiter simultanément les quatre bases qui
constituent le noyau fondamental de l’exercice du Pouvoir
Public dans la Communauté du Pays Basque. Dans ces
bases figurent les aspects les plus en rapport avec l’institutionnalisation
interne, notre identité propre et avec l’approfondissement
de notre auto gouvernement. En définitive, avec le
bien-être de notre société.
Nous aspirons à obtenir plus de compétences
que celles que nous détenons actuellement, car nous
pensons que tel est le souhait de la majorité de la
société basque. Mais nous n’aspirons pas
seulement à plus de quantité, mais aussi à
plus de qualité dans notre auto gouvernement.
Nous souhaitons que la capacité des Institutions Basques
à établir les structures politiques, économiques,
infrastructurelles, culturelles, professionnelles et sociales
n’est pas une simple déclaration sans effets
sujette aux avatars d’interprétation unilatérale
de la part de l’État, mais bien une véritable
réalité objective.
Pour cela, nous allons proposer dans le nouveau Statut Politique
une définition claire des politiques et des compétences
exercées exclusivement par l’État au Pays
Basque. Quelles politiques et quelles compétences exercent
les Institutions basques en régime d’exclusivité,
et quelles politiques et quelles compétences exclusives
des Institutions basques sont soumises à un régime
spécifique de collaboration. Le tout dans un esprit
de respect mutuel, afin d’éviter la duplicité
de fonctions et d’améliorer par conséquent
l’efficacité de la gestion et de la prestation
des services publics aux citoyens basques.
Que personne n’essaie de présenter notre proposition
comme une tentative de fixer unilatéralement une répartition
des compétences. Nous présentons une proposition
qui, dans tous les cas, devra être débattue au
sein de cette Chambre puis approuvée par la majorité
absolue du Parlement Basque, négociée ensuite
avec l’État et enfin ratifiée par la société
basque.
Conformément à cette affirmation, nous proposons
la répartition de l’exercice du pouvoir public
entre l’État et les Institutions basques dans
les termes suivants:
I.- Politiques Publiques exclusives de l’État
au sein de la Communauté du Pays Basque
I. 1.- Au sein de la Communauté du Pays Basque, les
politiques et matières réservées exclusivement
à l’État seront les suivantes:
- Nationalité espagnole, immigration et droit d’asile,
sans préjudice du partage des compétences des
politiques d’émigration et d’immigration,
en fonction de leur incidence sur les politiques sociales
de la Communauté du Pays Basque.
- Défense et forces armées.
- Régime de fabrication, commerce, possession et usage
d’armes et explosifs.
- Système monétaire.
- Régime et tarifs douaniers.
- Marine marchande, immatriculation de navires et d’aéronefs,
contrôle de l’espace aérien.
- Relations internationales, sans préjudice des actions
ayant une répercussion à l’extérieur
que ce Statut reconnaît à la Communauté
du Pays Basque.
I. 2.- De même, au sein de la Communauté du Pays
Basque, l’État aura la responsabilité
de dicter la législation commune dans les domaines
indiqués ci-dessous, sans préjudice de la capacité
des Institutions basques pour développer et adapter
cette législation à son droit substantiel, ainsi
que pour l’exercice des pouvoirs d’exécution.
- Législation pénale, pénitentiaire et
système de procédures, sans préjudice
des particularités du droit substantiel basque.
- Législation commerciale, sans préjudice de
l’élaboration des bases des obligations contractuelles
de caractère commercial, ainsi que des bases de contrats
et licences administratives.
- Législation civile, sans préjudice du droit
privé civil territorial ou propre au Pays Basque.
- Législation sur la propriété intellectuelle
et industrielle.
- Poids et mesures, poinçonnage des métaux et
détermination de l’heure officielle.
La Communauté du Pays Basque contribuera aux charges
générales correspondant aux politiques exclusives
de l’État mises en oeuvre sur son territoire,
à travers l’apport d’un quota global dans
le cadre du Concert Économique.
II.- Politiques Publiques exclusives des Institutions
Basques
Les politiques publiques non réservées expressément
à l’État dans le nouveau Statut Politique
seront de la compétence des Institutions Basques.
Ainsi, la Communauté du Pays Basque sera exclusivement
responsable de toutes les matières et compétences
en rapport avec les politiques publiques exclusives suivantes:
- Politiques d’auto-organisation et d’institutionnalisation
interne.
- Politiques éducatives et culturelles.
- Politique linguistique. La langue basque.
- Trésor et Patrimoine. Politique fiscale, financière
et tributaire
- Politiques d’aménagement du territoire, logement
et environnement.
- Politiques de ressources naturelles, infrastructures et
transports.
- Politiques d’aménagement de l’activité
économique.
- Politiques sectorielles économiques et financières.
- Politiques sociales et sanitaires.
Concernant les Pouvoirs Législatifs, la Communauté
du Pays Basque se verra assigner les attributions suivantes:
- Dans les politiques de caractère exclusif, la Communauté
du Pays Basque sera entièrement titulaire des pouvoirs
normatif, législatif et réglementaire ou de
développement. Le droit émanant des Institutions
basques sera le seul applicable dans la Communauté
du Pays Basque, sans préjudice, le cas échéant,
de l’application directe du droit européen.
- De même, les Institutions basques, dans leurs politiques
de caractère exclusif, auront la responsabilité
de la transposition à leur propre régime juridique
des dispositions de l’Union Européenne qui le
requièrent, sans préjudice le cas échéant,
de leur application directe.
- L’État ne pourra pas se réserver la
réglementation par lois organiques de compétences
et de politiques publiques qui sont attribuées avec
un caractère exclusif à la Communauté
du Pays Basque.
- La Communauté du Pays Basque exercera le pouvoir
législatif dans toutes les politiques publiques et
tous les domaines qui ne sont pas expressément du ressort
de l’État.
Concernant les Pouvoirs Exécutifs:
- Les Institutions Basques auront la responsabilité
des pouvoirs d’exécution de toutes les lois et
politiques publiques au sein de son territoire sous le régime
d’administration unique, à l’exception
des politiques publiques exclusivement réservées
à l’État sur le territoire de la Communauté
du Pays Basque.
- Le pouvoir d’exécution des Institutions Basques
inclura la capacité de dicter des règlements
exécutifs de développement et d’organisation
des lois, ainsi que la gestion et l’administration des
services, y compris la fonction d’inspection et de révision.
- Seules seront applicables sur le territoire de la Communauté
du Pays Basque les normes réglementaires et les instructions
dictées par les Institutions Basques.
- Dans l’hypothèse où l’exercice
des compétences propres de la part des Institutions
Basques pourrait affecter d’autres Communautés
externes, des conventions de coopération et de collaboration
seront mises en place avec celles-ci.
- Les Institutions Basques pourront désigner des représentants
dans les organismes administratifs, institutions financières
et entreprises publiques espagnoles, dont l’activité
aurait une influence sur les compétences ou les intérêts
de la Communauté du Pays Basque.
III.- Politiques Publiques de régime spécifique
Enfin, la proposition envisage une réglementation spécifique
pour trois politiques publiques exclusives aux Institutions
basques qui, du fait de leurs propres caractéristiques,
requièrent un régime spécial de collaboration
avec l’État.
La Politique de Sécurité Publique:
Selon laquelle les Institutions Basques se voient attribuer
les fonctions de gouvernement et de sécurité
pour la protection des personnes et des biens, ainsi que le
régime de sa propre police ou Ertzaintza.
De même, elles se voient attribuer la fonction publique
que doivent exercer, sur le territoire de la Communauté
du Pays basque, les forces et les corps de sécurité
de l’État, tout en ayant l’obligation de
prêter les services publics de sécurité
associés aux politiques publiques exclusivement attribuées
à l’État dans la Communauté du
Pays Basque.
Afin d’assurer la coordination entre les deux corps
et forces de sécurité dans le cas de délits
qui concernent aussi bien la Communauté du Pays Basque
que l’État, une Commission de Sécurité
de type mixte sera mise en place.
Les politiques socioprofessionnelles:
La Communauté du Pays Basque aura la responsabilité
du pouvoir législatif et les pouvoirs d’exécution
dans le domaine du travail, de l’emploi, de la formation
et de la prévention des risques du travail.
La Communauté du Pays Basque exercera ses compétences
exclusives dans le domaine socioprofessionnel en respectant
les droits et les obligations essentiels des travailleurs
et des entrepreneurs figurant dans les normes de l’État
et dans celles de l’Europe.
De même, des instruments de coopération seront
mis en place par la Communauté du Pays Basque avec
l’État et avec l’Union Européenne
pour l’exercice des compétences citées.
Sur la base de ces instruments de coopération et de
collaboration, les Institutions basques pourront déterminer
la représentativité des organisations syndicales
et patronales, dans le respect le plus strict des critères
de représentation démocratique. De même,
les Institutions basques détermineront le régime
et l’efficacité de la négociation collective,
dans le respect des exigences accordées entre les organisations
syndicales et patronales.
Les politiques de protection sociale:
La proposition envisage que les Institutions Basques aient
le pouvoir de développer la législation de l’État
en matière de prévision sociale et de sécurité
sociale, ainsi que la propre gestion du système public
de sécurité sociale. A cet effet, la Communauté
du Pays Basque disposera de ses propres budgets de Sécurité
Sociale, qui incluront la perception des cotisations sociales.
Dans tous les cas, la consolidation d’un système
public qui garantisse l’assistance et les prestations
sociales suffisantes à tous les citoyens basques sera
assurée, dans le respect des principes de non-discrimination
et de solidarité vis-à-vis du reste de l’État.
De même, le principe d’unité des ressources
financières de l’ensemble du système sera
garanti grâce à la formule du Concert Économique,
à travers lequel seront réglementés les
flux économiques, les mécanismes d’inspection
et les garanties et les obligations de solidarité envers
l’ensemble du système de Sécurité
Sociale.
Que le Pays Basque ait une présence en Europe
et dans le monde. (Base 9).
Le Peuple Basque fait partie de l’Europe depuis ses
origines, et l’Union Européenne se configure
aujourd’hui comme l’espace dans lequel doit s’intégrer
notre personnalité propre et notre cadre de relations
internes et externes.
La Communauté du Pays Basque, comme partie intégrante
du Peuple Basque, a le droit d’être présente
à part entière en Europe et de développer
les relations sociales, économiques, politiques et
culturelles dans le domaine international qui lui sont nécessaires
pour la défense de son auto gouvernement et comme projection
de son identité dans le monde.
Nous, les basques, nous nous considérons partie prenante
et solidaires dans l’environnement étatique,
européen et international. Nous ne sommes pas un peuple
isolé, nous ne l’avons jamais été.
Nous sommes un peuple ouvert et solidaire. Nous vivons dans
un monde globalisé et interrelié, dans lequel
les problèmes des autres sont aussi nos problèmes,
et les problèmes qui nous affectent, affectent aussi
le reste des peuples et des nations du monde.
Suivant le sens de ces considérations, la réglementation
sous forme d’articles de cette base envisage les aspects
et contenus suivants:
Les relations avec la diaspora
Le nouveau Statut Politique Basque reconnaît comme citoyens,
avec tous les droits inhérents à cette condition,
y compris la nationalité basque, toutes les personnes
résidant à l’étranger ayant eu
leur dernière résidence administrative dans
la Communauté du Pays Basque. De même, il envisage
l’engagement des Institutions Basques à favoriser
les relations sociales, économiques et culturelles
avec les membres des Communautés Basques à l’extérieur.
Les relations avec l’Union Européenne:
Le nouveau Statut envisage la reconnaissance et le respect
du nouveau Statut Politique Basque au sein de l’Europe,
comme cadre de relation convenu entre la Communauté
du Pays Basque et l’État espagnol. De même,
il prévoit que la Communauté du Pays Basque
ait la capacité de défendre directement ses
intérêts et ses compétences auprès
des organes de l’Union Européenne concernés,
conformément aux normes communautaires. En outre, les
représentants des Institutions Basques feront partie
des délégations de l’État au Conseil
des Ministres de l’Union Européenne pour les
thèmes concernant les politiques exclusivement réservées
à la Communauté du Pays Basque, et l’État
garantira aux Institutions Basques la capacité d’accéder
à la Cour de Justice Européenne.
Enfin, la Communauté du Pays Basque constituera une
circonscription électorale pour les élections
au Parlement Européen.
Les relations avec l’extérieur:
Les délégations et bureaux de représentation
de la Communauté du Pays Basque auront une reconnaissance
officielle à l’extérieur.
Les Institutions Basques auront la possibilité de souscrire
des accords, des conventions et des protocoles avec des institutions
et organismes internationaux pour la défense des intérêts
des citoyens basques. De même, la Communauté
du Pays Basque pourra être présente directement
dans les organismes internationaux qui acceptent en leur sein
l’existence de nations sans état.
Concernant la signature de traités et de conventions
internationales, dont le pouvoir est reconnu à l’État,
la Communauté du Pays Basque devra donner son autorisation
préalable lorsque ces Traités supposeront une
altération ou une restriction unilatérale des
compétences figurant dans le nouveau Statut Politique.
La solidarité et la coopération pour le développement:
Les Institutions Basques pourront développer leur propre
politique de solidarité et de coopération avec
les pays en voie de développement.
Établissement d’un système bilatéral
de garanties avec l’État, visant à empêcher
la modification unilatérale du Pacte souscrit. (Base
10).
Cette Proposition ne traite pas de supériorités
mais de respect mutuel C’est pourquoi le modèle
de garanties proposé se fonde sur les principes élémentaires
d’un régime de relation bilatérale, comme
technique conseillée par de nombreux constitutionnalistes
pour articuler des faits politiques différentiels dans
la structure organisationnelle d’un état plurinational.
C’est le seul remède, et pas un autre, pour la
cohabitation qui a caractérisé historiquement
le régime territorial basque par rapport à l’État
espagnol.
De cette façon, on met en place un système bilatéral
de garanties depuis la reconnaissance de la structure politique
de l’État et depuis le respect au fait politique
différentiel basque, qui établit une procédure
précise de modification et de rénovation du
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